Aller au contenu
PERINGER Data Solutions, retour à l’accueil

Retour

← Tous les articles

Abandonner les services cloud américains : des alternatives suisses et européennes

Publié le · mis à jour le

Le moment s’y prête. Microsoft a annoncé des changements de tarifs pour 2026, et la Commission de la concurrence suisse a ouvert une enquête préliminaire sur ses conditions tarifaires en Suisse. Le rapport du Conseil fédéral sur la loi CLOUD précise qu’une entreprise soumise au droit américain peut recevoir une ordonnance portant sur des données sous son contrôle, y compris hébergées dans un centre de données suisse. La portée de l’ordonnance et les voies de recours dépendent du cas. Beaucoup d’organisations posent donc la même question : que remplacer, et par quoi ?

Commencez par trois critères : l’entité avec laquelle vous contractez et le droit qui la régit ; les lieux où le prestataire traite vos données et où ses équipes y accèdent ; la manière de récupérer vos données. Examinez ensuite l’actionnariat, les sous-traitants ultérieurs, les accès de l’assistance, les clés de chiffrement, les journaux, les formats d’export et le coût d’une sortie. Une règle d’honnêteté tient d’un bout à l’autre : ces alternatives ne sont pas des équivalents, et tout écart notable avec le produit américain se dit franchement.

Communiquer

Alternatives à Gmail ou Outlook.com : Infomaniak Mail ou Proton Mail (Genève)

Deux messageries genevoises, deux philosophies. Infomaniak fournit une messagerie professionnelle sur votre propre domaine, avec calendriers et contacts ; Proton chiffre de bout en bout entre utilisateurs Proton. Pour protéger un destinataire externe de la même façon, passez par le circuit documenté de Proton, avec mot de passe ou PGP. Vérifiez le produit exact, le traitement des métadonnées et les lieux de traitement que couvre votre contrat.

Alternatives à Microsoft 365 ou Google Workspace : kSuite (Infomaniak), ou Nextcloud (Allemagne)

kSuite réunit messagerie, stockage, documents collaboratifs, visioconférence et messagerie d’équipe sur une infrastructure suisse. Nextcloud s’auto-héberge, ou tourne chez le prestataire de votre choix. Un utilisateur avancé d’Excel verra la différence, et une PME testera les macros, les formats, la collaboration, l’accessibilité, les intégrations, l’administration et l’assistance avant de parler de remplacement à l’identique.

Stocker et partager

Alternatives à Google Drive ou Dropbox : kDrive, Tresorit ou pCloud

kDrive pour le travail d’équipe au quotidien ; Tresorit, entreprise zurichoise désormais majoritairement détenue par La Poste suisse, pour le chiffrement de bout en bout des dossiers sensibles ; pCloud, dont le siège est à Zoug, pour un stockage simple. Un siège social n’est pourtant pas une région de données : pCloud propose actuellement le Luxembourg ou Dallas, et non la Suisse.

Vendre et gérer l’entreprise

Alternatives à Salesforce ou HubSpot : Odoo (Belgique)

CRM, devis, facturation, stocks : une suite modulaire open source, avec des intégrateurs en Suisse romande. Les applications sont modulaires, mais les tarifs publics actuels d’Odoo se comptent par utilisateur et englobent toutes les applications dans les plans Standard et Custom ; personne ne facture ici au module.

Alternatives à QuickBooks : Bexio, Banana ou Abacus (Suisse)

La comptabilité est le domaine où le marché suisse est vraiment mûr : Bexio, racheté par La Mobilière, Banana à Lugano et Abacus à Saint-Gall gèrent nativement la TVA suisse comme les factures QR, la paie comprise. La migration paie ou ne paie pas selon les intégrations, l’historique, la fiduciaire et le coût total.

Alternatives à DocuSign : Skribble (Zurich)

Skribble prend en charge plusieurs niveaux de signature et travaille avec des prestataires de services de certification. Une signature électronique qualifiée suisse suit ZertES/ESigA ; une signature qualifiée de l’UE suit eIDAS. La Suisse et l’UE n’ont pas d’accord général de reconnaissance mutuelle qui rendrait une signature qualifiée automatiquement valable dans les deux systèmes. Choisissez le niveau et le service d’après le contrat, l’exigence de forme et le droit applicable.

Mesurer

Alternatives à Google Analytics : Matomo auto-hébergé, ou Plausible (Estonie)

Matomo est un logiciel libre que vous exploitez sur votre propre hébergement suisse. Une installation soignée, sans cookies, réduit les obligations de consentement, sans supprimer d’office toutes les mentions, demandes de consentement ou bannières dans toutes les juridictions. Plausible, entreprise estonienne, propose une version légère hébergée dans l’UE. Ce site tourne sous Matomo, auto-hébergé à Genève : aucune visite ne part vers un réseau publicitaire.

L’IA

Alternatives à ChatGPT : Le Chat (Mistral, Paris), Apertus (EPFL et ETH Zurich), ou l’auto-hébergement

Mistral figure à mon sens parmi les alternatives européennes grand public les plus abouties. Apertus, le modèle suisse ouvert publié en 2025, se laisse déployer chez Swisscom ou sur vos propres machines. Pour des documents internes, l’auto-hébergement est réaliste ; pour la puissance brute des tout derniers modèles, les acteurs américains gardent l’avantage. Un modèle de pointe servi depuis une région cloud zurichoise par un réseau privé fait un compromis raisonnable, sachant qu’une entreprise américaine l’exploite toujours : des données situées en Suisse n’effacent ni la juridiction du prestataire, ni ses accès d’administration, ni ses sous-traitants ultérieurs.

L’infrastructure

Alternatives à Azure ou Google Cloud : Infomaniak, Exoscale, OVHcloud, Scaleway

Pour l’hébergement web, les machines virtuelles et le stockage objet, les prestataires suisses, Infomaniak à Genève, Exoscale dans plusieurs régions suisses, et européens, OVHcloud et Scaleway, couvrent beaucoup des besoins courants d’une PME ou d’une commune. Les hyperscalers gardent des catalogues plus vastes et des intégrations mondiales, avec des services managés parfois décisifs sur un projet précis.

Alternatives à LastPass ou 1Password : Proton Pass (Genève), KeePass, ou Passbolt (Luxembourg)

Le gestionnaire de mots de passe détient les clés de tous les autres services, ce qui le place en tête de liste. Le choix couvre la récupération, le partage, les clés d’accès, les journaux, l’administration, l’export et l’hébergement. Passbolt est pensé pour les équipes.

Migrer sans casse

Ne remplacez pas tout, et surtout pas d’un coup. La bonne méthode suit les échéances : un contrat qui arrive à terme, une hausse de prix, une nouvelle exigence. À chaque échéance, un outil, un export complet des données, une période de recouvrement, puis la résiliation. Pour chaque nouvel outil, la question de la sortie vient avant la signature : comment récupérer les données ?

Pour chaque migration, notez l’entité avec laquelle vous contractez, les régions de traitement, les sous-traitants ultérieurs, les accès de l’assistance, les clés, l’export testé, l’intégration des identités, les écarts fonctionnels, l’effort de formation, le coût total et la solution de repli. Le pays du siège social ne remplace pas ce registre.

La date de vérification des offres

J’ai vérifié les produits et leurs promesses le 14 août 2026. Les offres, les prix, les caractéristiques, les régions et les sous-traitants ultérieurs changent. Lisez le contrat et testez l’export avant toute décision. Cette liste désigne des candidats ; elle ne garantit aucune équivalence fonctionnelle ou juridique.

Un premier entretien, sans engagement

Quelques lignes sur votre projet ou votre question suffisent : je vous réponds directement, en général sous un jour ouvrable.

Prendre contact